Salut à toi,
bienvenue à ce 105ème Rendez-vous Qualité, nous sommes désormais 4048 ! 🤩
Que tu sois là depuis le début ou que tu viennes d’arriver, merci de me lire.
J’organise un webinaire vendredi 06/11 à 12h30, au cours duquel je partagerais les résultats de l’enquête menée en septembre auprès des responsables qualité et QSE (ben vous, quoi^^). Objectif: répondre à la question “Comment vont vraiment les responsables qualité / QSE”, à partir des 591 réponses que j’ai reçues. Infos et inscriptions ici. 👇
Au sommaire:
Épisode 5 sur 5
Ce qui change dans le texte
En y regardant de plus près
Pourquoi ça change
Comment le prendre
Ce que tu as à y gagner
Comment y répondre
Et maintenant ?
Temps de lecture : 10 minutes
Passons au sujet du jour !
Est-ce que ton SMQ doit répondre à toutes les attentes de toutes ses parties intéressées ? Non. Et maintenant, c’est écrit noir sur blanc.
Ça tient à trois petits mots ajoutés au chapitre 4, qu’on pourrait prendre pour un détail de juriste. C’est en réalité une des meilleures nouvelles de la révision et presque personne n’en parle. Je t’explique.
Épisode 5 sur 5
Après les risques et opportunités, la culture qualité et l’éthique, la gestion des changements et la continuité de fourniture et le climat, voici le dernier épisode de la série. Je t’avais fait deux promesses au numéro précédent : la note climat du 4.2 gardée au chaud et la démonstration que la v2026 donne plus de place aux parties intéressées, de l’analyse du contexte jusqu’à la revue de direction. On solde les deux aujourd’hui.
Ce chantier est le plus discret des cinq. Les comparatifs le classent en « changement modéré » et passent vite au suivant. Et pourtant, c’est peut-être celui qui peut te rendre le plus de services au quotidien.
En résumé (si tu n’as pas 10 minutes devant toi)
La v2026 ajoute le 4.2 c) : l’organisme doit déterminer « lesquelles de ces exigences seront traitées par le système de management de la qualité ». Le tri devient une exigence.
La définition de la partie intéressée s’élargit : elle inclut celle qui « se sent influencée » par une décision ou une activité de l’entreprise.
La revue de direction doit inclure une nouvelle donnée d’entrée : les changements dans les besoins et attentes des parties intéressées pertinentes (§9.3.2 c).
La note climat du 4.2 reprend mot pour mot l’amendement de 2024 : il n’y a rien de nouveau et ce n’est toujours pas une exigence.
Aucun document supplémentaire n’est exigé : une colonne de tri dans le tableau existant et un point à l’ordre du jour de la revue de direction suffisent.
Ce qui change dans le texte
Commençons par une nouveauté qui n’est pas une exigence mais qui donne le ton. La norme définit maintenant certains de ses termes dans son chapitre 3, et la « partie intéressée » y est décrite comme une personne ou un organisme qui peut influer sur une décision ou une activité, être influencé par elle ou « se sentir influencé(e) ». Relis bien : la perception suffit. Le riverain qui s’estime gêné par les camions est une partie intéressée, même si la mesure de bruit lui donne tort. La liste d’exemples de la norme va jusqu’aux concurrents et aux « groupes de pression d’opposition » (ambiance 😅).
Le changement principal, lui, tient en une ligne au §4.2. En 2015, il fallait déterminer les parties intéressées pertinentes et leurs exigences. En 2026, il faut en plus déterminer « lesquelles de ces exigences seront traitées par le système de management de la qualité » (4.2 c). Un tri explicite, donc. Au passage, la phrase d’introduction de 2015, qui justifiait tout l’exercice par l’effet sur la conformité des produits, disparaît.
La fameuse note climat du même paragraphe reprend mot pour mot l’amendement de 2024, que je t’avais décortiqué ici à l’époque. Ce n’était pas une exigence, c’est maintenu et si l’amendement est traité chez toi il n’y a rien de neuf à faire.
Ensuite, le vocabulaire se diffuse dans les chapitres opérationnels. Quand les exigences portant sur les produits et services sont modifiées, l’information doit aller aux « parties intéressées pertinentes » et plus seulement au personnel concerné (§8.2.4). En conception, on implique les clients « et autres parties intéressées pertinentes » (§8.3.2 g). Même ajout côté prestataires externes (§8.4.3 d). Des retouches plus que des bouleversements, mais la direction est claire.
Et on boucle la boucle en revue de direction : le §9.3.2 ajoute une donnée d’entrée, « les changements dans les besoins et attentes des parties intéressées pertinentes ». Faire le point autour des parties intéressées à cette occasion était déjà une bonne pratique, sauf que rien ne l’exigeait. Maintenant si, et le paragraphe se durcit au passage : la revue « doit inclure » ses données d’entrée, là où la 2015 se contentait de les « prendre en compte ».
En y regardant de plus près
La pépite de ce chantier, c’est le tri du 4.2 c). Pour la première fois, la norme écrit que le SMQ ne répond pas forcément à toutes les exigences des parties intéressées, à condition de l’avoir décidé. Ce que les bons responsables qualité faisaient depuis toujours en douce devient une exigence assumée : choisir ce que le système traite et du coup recentrer sa finalité au lieu d’entretenir un inventaire à la Prévert.
Je pose quand même deux garde-fous.
Le premier, c’est la cohérence. Le tri ne permet pas d’écarter d’un revers de main le réglementaire ou les engagements pris envers les clients. Ce n’est pas écrit en toutes lettres dans le texte, c’est ma lecture, mais c’est la logique du 4.2 : on parle d’exigences « pertinentes » et on vise la satisfaction des parties intéressées qui comptent, clients en tête. Donc tu ne décides pas d’exclure certaines de ces exigences pour le plaisir ou parce qu’elles sont contraignantes.
Le second : trier n’est pas ignorer. Les décisions doivent pouvoir se défendre en audit. Je te le disais dans l’épisode 2 : c’est ce que tu annonces qui sera audité. Si le tableau dit « attente non traitée par le SMQ », il faut pouvoir expliquer pourquoi et c’est très bien comme ça. On retrouve la logique de l’épisode 3 : renforcer l’importance du contexte et prioriser par le risque. La norme continue de pousser vers l’agilité plutôt que vers l’exhaustivité (et ça, moi je kiiiiffe 🤩).
Et l’annexe enfonce le clou sur la dimension temporelle : « les parties intéressées et leurs exigences peuvent changer au fil du temps, la connaissance de ces changements fait donc partie du maintien de l’efficacité du système de management de la qualité » (A.4.2). Tu la vois venir, la fin d’un mythe ? L’analyse de contexte faite une fois pour toutes à la mise en place du système, puis plus jamais rouverte. Ça reste le texte de l’annexe (donc pas une exigence) mais le 9.3.2 c) prend le relais et institutionnalise la question : la revue des besoins et attentes des parties intéressées en donnée d’entrée de la revue de direction. Qu’est-ce qui a changé chez eux ? On notera que la revue des enjeux était déjà une donnée d’entrée, donc cet ajout est finalement assez logique.
Pourquoi ça change
Parce que le chapitre 4 de 2015 n’a pas tenu sa promesse. À l’époque, demander aux entreprises de comprendre leur contexte et leurs parties intéressées était une vraie nouveauté, voire même une petite révolution. Dix ans plus tard, qu’est-ce qu’on trouve sur le terrain ? Des listes rédigées une fois, souvent pour préparer la transition 2015, avec la mairie et les riverains dedans et jamais rouvertes depuis. Un exercice de style fait pour pouvoir s’en débarrasser. La nouvelle mouture de la norme pousse pour que ces listes soient plus vivantes et servent enfin à décider quelque chose.
Il y a aussi un mouvement de fond que cette révision confirme sans le trancher. Lors d’une de mes formations sur la v2026 ce mois-ci, une participante m’a demandé pourquoi l’expérience client n’avait pas été retenue dans le texte. Je n’ai pas la réponse et pour ne rien te cacher, je regrette moi aussi que cette notion n’ait pas fait son apparition : donner plus de place aux parties intéressées appelait logiquement ce prolongement. Ce sera peut-être pour la prochaine révision (on se redonne rendez-vous dans dix ans ?).
Dernier point : les sujets à la mode entrent dans le SMQ par cette porte. L’IA et la cybersécurité n’ont aucune exigence propre dans la v2026, la RSE non plus, je te l’ai assez répété dans cette série d’articles. Mais quand un client exige un hébergement souverain de ses données, ou quand les salariés (partie intéressée pertinente par excellence) attendent des outils de travail en phase avec les avancées de l’IA, tout ça entre par le 4.2. Ce paragraphe accueille tout ce qui n’a pas de chapitre.
Pour aller plus loin ensemble :
📑 Formation ISO9001 v2026 – Une demi-journée pour te mettre à niveau sur les évolutions de la v2026, comprendre comment y répondre et pouvoir justifier de tes compétences.
🏘️ Le Village QSE – La communauté des passionnés du métier : échanges, entraide et formation entre pairs pour sortir de l’isolement.
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Comment le prendre
Je vois deux idées reçues à désamorcer.
La première : « il faut une cartographie détaillée des parties intéressées, processus par processus ». Rien de tout ça n’est exigé, ni en 2015 ni en 2026. Une responsable qualité que j’accompagne appelle ça sa bête noire : des fiches processus gonflées de données d’entrée et de sortie, plus les parties intéressées par processus, réclamées par un auditeur au fil des ans et que personne ne lit jamais. Si tu es dans ce cas, la v2026 te demande mieux, pas plus qu’avant.
La seconde : « la liste doit être exhaustive ». Le mot-clé du 4.2 reste « pertinentes », et le c) demande maintenant d’assumer un tri en plus. La logique va à l’inverse de l’exhaustivité : on se concentre (soi et les ressources de l’organisme) sur ce qui compte le plus et on le fait bien.
Ce que tu as à y gagner
D’abord, une vraie conversation de direction. Qui d’autre que le CODIR peut décider qu’une attente ne sera pas traitée par le système ? Personne. Comme la question « qu’est-ce qui nous empêcherait de livrer ? » de l’épisode précédent, le tri du 4.2 c) te donne un sujet qui parle à une direction, parce qu’il s’agit de choisir où la boîte positionne ses curseurs et met son énergie. Tu arrives avec le tableau et une question simple : lesquelles on traite ? Une heure de réunion et le système gagne en clarté pour les trois prochaines années.
Ensuite, la fin du document mort. Une liste qui sert à décider est une liste qu’on rouvre. Et en audit, une décision tracée et datée vaut infiniment mieux qu’un inventaire exhaustif que personne n’a relu depuis la certification.
Et puis « non traitée par le SMQ » ne veut pas dire « non traitée du tout ». Les attentes des salariés sur le télétravail ou sur les impacts de l’entreprise sur la biodiversité peuvent très bien être abordées côté RH et RSE sans entrer dans le périmètre du système de management de la qualité. Le tri permet surtout de se recentrer.
Comment y répondre
Rouvrir la liste (une fois)
Commençons par un rappel : il n’y a (toujours) pas d’exigence formelle de documenter les parties intéressées pertinentes, ni leurs besoins et attentes, ni lesquelles sont adressées par le SMQ. Cette absence d’exigence ne veut pas dire qu’il ne faut pas documenter, parce que bon, faire tout ça de tête c’est la porte ouverte à du grand n’importe quoi.
Donc reprends le tableau qui existe probablement déjà, celui qui dort dans l’analyse de contexte. Vérifie que les parties intéressées listées sont toujours pertinentes, sors celles qui n’ont plus de raison d’y être et ajoute les oubliées, y compris celles qui « se sentent influencées ». Au fait, tu connais le meilleur moyen de savoir qu’une partie intéressée se sent influencée ? Lui demander, ou écouter ce qu’elle dit sans qu’on ait besoin de demander. Ça marche pour toutes les autres aussi. Et pour déterminer leurs besoins et attentes.
Ajouter la colonne du tri
Ajoute une colonne « traitée par le SMQ : oui / non », avec le pourquoi en quelques mots. C’est la réponse complète au 4.2 c). Et c’est tout. Garde en tête le garde-fou de tout à l’heure : le réglementaire et les engagements pris envers les clients restent dedans.
Mettre le point en revue de direction
Une ligne de plus s’ajoute dans la trame de la revue : qu’est-ce qui a changé dans les besoins et attentes des parties intéressées ? Un nouveau client qui pèse 30 % du chiffre d’affaires ou une réglementation qui bouge, voilà ce qu’on s’attend à y voir. Dix minutes bien employées, et le 9.3.2 c) est réglé.
Savoir t’arrêter
Aucun document nouveau n’est exigé sur ce chantier. Ni cartographie des parties intéressées, ni matrice pondérée avec score d’influence. Pas d’enquête annuelle auprès de chacune non plus. Si quelqu’un affirme le contraire, les trois questions de la formation font toujours le job : c’est dans quel paragraphe, c’est une exigence ou une note et que dit la version anglaise de la norme ?
Les questions qu’on me pose sur les parties intéressées
Qu’est-ce qu’une partie intéressée pertinente selon l’ISO 9001 ? C’est une personne ou un organisme qui peut influer sur les activités de l’entreprise, être influencé par elles ou se sentir influencé, et dont les exigences comptent pour le système de management de la qualité. C’est l’entreprise qui juge cette pertinence, et la version 2026 lui demande en plus de décider lesquelles de ces exigences le système traite.
Qu’est-ce qui change au 4.2 dans l’ISO 9001 version 2026 ? Un item c) s’ajoute : déterminer lesquelles des exigences des parties intéressées seront traitées par le SMQ. La note sur les changements climatiques, issue de l’amendement de 2024, est conservée.
Faut-il une cartographie des parties intéressées pour l’ISO 9001 ? Non, aucune cartographie n’est exigée, ni en 2015 ni en 2026. Un tableau avec les parties intéressées pertinentes, leurs exigences et la décision de traitement suffit.
Quelles sont les nouvelles données d’entrée de la revue de direction en 2026 ? La vraie nouveauté, ce sont les changements dans les besoins et attentes des parties intéressées pertinentes (§9.3.2 c). L’efficacité des actions face aux risques et aux opportunités, qui était déjà une donnée d’entrée en 2015, est désormais écrite sur deux lignes séparées, mais ça n’ajoute rien de neuf.
Et maintenant ?
La série d’articles sur les évolutions de l’ISO9001 v2026 se termine, alors je te laisse le récap des cinq chantiers, version « le minimum qui suffit » :
Risques et opportunités : une évaluation simple et les opportunités traitées avec le même sérieux que les risques.
Culture qualité et éthique : définir ce que c’est pour l’entreprise, une direction qui sait en parler et des équipes qui savent ce que ça veut dire chez elles.
Gestion des changements : trois questions de plus pour les changements impactants.
Continuité de fourniture et climat : savoir ce qui empêcherait de livrer et quoi dire au client ce jour-là.
Parties intéressées : une colonne de tri et un point en revue de direction.
Tu remarqueras qu’aucun des cinq ne réclame un document de plus. Si ta direction te demande par où commencer la transition, montre-lui cette liste : elle tient sur un post-it (un grand post-it, d’accord).
Et si tu veux faire le tour complet de la nouvelle norme, chapitre par chapitre, avec le droit de poser toutes tes questions et une attestation à la sortie, mes sessions de formation de décembre et de janvier sont ouvertes. 👉 Tout est là.
Allez, c’est tout pour aujourd’hui !
A bientôt,
Benoit
PS : Si tu connais quelqu’un qui apprécierait de me lire, fais-lui suivre ce mail. 😉
Pour aller plus loin ensemble:
📑 Formation ISO9001 v2026 – Une demi-journée pour te mettre à niveau sur les évolutions de la v2026, comprendre comment y répondre et pouvoir justifier de tes compétences.
🏘️ Le Village QSE – La communauté des passionnés du métier : échanges, entraide et formation entre pairs pour ne plus avancer seul.
🚀 Mission Qualité – La formation pour apprendre à embarquer tes collègues. Inscriptions 2027 ouvertes : sessions en janvier, mai et septembre 2027.
😄 Les Memes QSE – Un peu d’humour dans le sérieux de nos métiers : 166 memes à adapter et partager à ta sauce.
→ Toutes mes ressources sont réunies sur mon site web.

