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Au sommaire:
Mon actualité
Et si l’IA prenait ton travail ?
Quelle valeur apporte la fonction qualité ?
Deux façons d’envisager l’IA en qualité
L’enjeu réel est ailleurs
L’IA sert ta vision de la qualité
Prends le temps d’y réfléchir
Temps de lecture : 10 minutes
Mon actualité
Nouvel épisode du podcast que je réalise pour Parcours croisés, de l’AFNOR. Je remercie mon invité Marc Thabourin, responsable qualité usine et satisfaction client du site Schneider Electric de Dijon (et ouais on est voisins et même anciens collègues^^). On discute ensemble de parcours et d’évolution de carrière dans les métiers de la qualité :
Et si l’IA prenait ton travail ?
L’IA est partout. Tu as remarqué ? Sur les réseaux sociaux, à la machine à café, on loue même son absence dans la conception de la publicité avec le loup qui cartonne en ce moment (et qui m’a inspiré un même à plus de 1000 likes le week end dernier, que tu peux voir ici).
Elle est très présente également dans les échanges que j’ai avec vous, les responsables qualité ou QSE, sur Linkedin, dans le Village QSE ou ailleurs. Et une question revient… et si l’intelligence artificielle prenait mon travail ? Elle n’est pas systématiquement formulée aussi clairement, mais c’est bien de cela qu’il s’agit.
L’IA est perçue comme une menace. On y associe plus la peur d’être dépassé voire débarqué, qu’on n’y perçoit une opportunité. Et finalement ce que j’entends s’apparente surtout à de l’appréhension.
Ces préoccupations se retrouvent chez des responsables qualité très expérimentés comme chez des profils plus juniors. Des personnes compétentes et impliquées, sincèrement attachées à leur métier, mais qui sentent que quelque chose est en train de bouger, sans parvenir à dire exactement quoi, ni dans quel sens. Alors elles veulent comprendre l’IA, se l’approprier, souvent avec une forme d’urgence intérieure mêlée de crainte.
Presque toujours, la première réflexion qui émerge est la même : est-ce que l’IA pourrait faire une partie de mon métier à ma place ? Comment ? Est-ce qu’elle pourrait me faire gagner du temps, automatiser ce qui est répétitif ? Est-il envisageable de lui déléguer ce qui est chronophage et peu risqué ?
C’est logique et compréhensible. Et ce serait malhonnête de dire que ces questions sont absurdes. Mais elles révèlent, sans qu’on s’en rende compte, quelque chose de beaucoup plus profond sur la manière dont la fonction qualité se perçoit elle-même (donc dont nous nous percevons).
Quelle valeur apporte la fonction qualité ?
Quand quelqu’un réfléchit à l’IA uniquement sous l’angle du gain de temps, il dit implicitement : ma valeur est dans l’exécution. Je comprends parfaitement ce raisonnement. Si je me définis avant tout par ce que je fais au quotidien, par les tâches que j’exécute, alors il est cohérent que je cherche à les exécuter plus vite ou de manière plus fiable.
Le problème, c’est que ce raisonnement mène presque toujours à la même conclusion. Une tâche répétitive, même quand elle est faite correctement, même quand elle est utile, même quand elle est menée avec sérieux, finit tôt ou tard par être automatisée. Ce n’est ni par malveillance, ni par complot. C’est simplement cohérent d’un point de vue économique. Et à ce moment-là, la vraie question n’est plus de savoir comment utiliser l’IA, mais de comprendre ce que l’on apporte réellement à l’entreprise.
Or ce n’est pas ce que l’on produit qui fait la différence. Ni ce que l’on contrôle ou ce que l’on documente. Alors quelle valeur ?
On oublie parfois, surtout quand on a la tête plongée dans les audits, les plans d’action et autres indicateurs, que la qualité n’est pas une fin en soi. Elle n’existe pas pour maintenir un système ou satisfaire aux exigences d’une norme.
Elle existe pour permettre à une organisation de délivrer, dans la durée, des produits et des services qui répondent aux besoins et aux attentes de ses clients, en tenant compte des contraintes qui s’appliquent.
Elle sert à mieux comprendre ces besoins, à concevoir plus juste, à fabriquer de manière plus efficiente, à empêcher la non-qualité d’apparaître, à fluidifier les décisions, à sécuriser la relation client...
Bref, la qualité ça sert à pérenniser l’activité. Et oui, très souvent, ceci implique de faire gagner de l’argent. Non pas en réduisant le coût de la fonction qualité (et de la non-qualité), mais en augmentant la valeur globale de ce que l’entreprise délivre et en permettant de faire plus de gains.
Et c’est là que ça devient intéressant.
Pour aller plus loin ensemble:
🏘️ Le Village QSE – La communauté des passionnés du métier : échanges, entraide, et inspiration entre pairs pour ne plus avancer seul.
🚀 Mission Qualité – Le programme pour grandir dans ton rôle, gagner en influence et retrouver du plaisir dans la fonction qualité / QSE.
😄 Les Memes QSE – Un peu d’humour dans le sérieux de nos métiers : 148 memes à adapter et partager à ta sauce.
→ Toutes mes ressources sont réunies sur mon site web.
Deux façons d’envisager l’IA en qualité
Prenons un exemple très concret. Une entreprise échange en permanence avec ses clients. Appels, mails, devis, réunions, salons, réclamations, audits, messages informels... Une masse d’informations considérable, souvent éparpillée et généralement mal exploitée.
L’approche la moins ambitieuse consisterait à se demander comment l’intelligence artificielle pourrait aider à mieux enregistrer ces informations. Comment les classer plus vite et les ranger plus proprement. Comment les saisir automatiquement pour gagner du temps.
C’est utile, bien sûr. Mais ce n’est qu’un gain d’exécution. C’est-à-dire qu’on cherche à optimiser la réalisation d’une tâche. On améliore la manière dont on stocke ce que l’on sait déjà.
L’enjeu réel est ailleurs
La vraie question n’est pas comment conserver ces informations, mais comment les exploiter mieux. Ce que les clients disent explicitement, mais aussi ce qu’ils répètent sans se concerter. Par exemple, trois clients différents qui mentionnent « On a dû improviser » dans leurs mails. Pris séparément, ça ne dit pas grand-chose. Ensemble, ça révèle une situation où le client rencontre une difficulté, donc qui mérite qu’on s’y penche. C’est le type de signaux faibles qui passent inaperçus parce qu’ils sont noyés dans tous ces flux d’informations.
Là, l’IA change de nature. Elle ne sert plus à faire gagner quelques minutes au responsable qualité. Elle devient un outil pour éclairer l’expérience client dans sa globalité. Elle offre la possibilité de repérer des tendances invisibles à l’œil nu. Pour relier des conversations qui, autrement resteraient isolées.
Et tu comprends que là, ce n’est plus une question d’accélérer la saisie. C’est une question d’aller beaucoup plus loin que ce qu’on est capable de faire aujourd’hui dans la compréhension du client, puis d’exploiter cela.
En faisant ceci, la fonction qualité ne coûte pas moins cher, mais elle vaut beaucoup plus. Elle n’essaie plus de justifier sa nécessité en réduisant ce qu’elle coute, mais elle va se rendre indispensable en donnant plus à l’entreprise.
L’IA sert ta vision de la qualité
Ce que je constate, c’est que beaucoup de responsables qualité raisonnent encore comme s’ils étaient là uniquement pour faire tourner le système : résoudre des problèmes, gérer des écarts, faire les audits, maintenir la conformité. Bien sûr tout cela est nécessaire, je ne dis pas le contraire. Mais ce n’est pas suffisant pour définir la fonction qualité et son apport à l’entreprise.
Tant que la qualité se perçoit comme un centre de coûts à optimiser, elle cherchera des outils pour coûter moins cher. Et elle se rendra, malgré elle, remplaçable. À l’inverse, le jour où un responsable qualité se pose honnêtement la question de la valeur unique qu’il apporte à son organisation, l’IA cesse d’être une menace et devient un amplificateur. Non plus pour faire moins, mais pour faire davantage de ce qui compte vraiment.
La vraie question n’est donc pas de savoir quelles tâches déléguer à l’IA, mais quelle ambition on a pour la qualité dans son entreprise. Sans réponse claire à cette question, l’IA n’accélère qu’un vide. Avec une réponse claire, elle peut au contraire démultiplier les impacts.
Tu me diras peut-être : « Facile à dire, Benoit . Moi j’ai trois sites à gérer, des audits qui s’enchaînent, une direction qui me demande surtout de ne pas coûter trop cher et tu voudrais que je me pose des questions philosophiques sur ma valeur ajoutée ? »
Je comprends. Et c’est précisément dans ces conditions que la question devient encore plus importante. Parce qu’il y a la valeur que toi tu veux pour la fonction qualité, mais ensuite il y a celle attendue et perçue par ta direction et tes collègues. Si ce n’est pas clair pour toi, n’espère pas que ça le soit pour eux et la réponse restera : coûter moins cher.
Alors quand ton quotidien ressemble à une course permanente, tu peux réagir de deux façons :
Soit tu cherches à courir plus vite. Tu optimises tout ce que tu peux, tu automatises ce qui peut l’être, tu délègues à l’IA, tu gagnes 10% de temps par-ci, 15% par-là. C’est légitime, mais au bout du compte, tu restes dans la même logique : tu exécutes mieux, mais tu n’apportes pas plus.
Soit tu prends une demi-journée, tu t’arrêtes et tu te poses cette question : « Si j’avais carte blanche et qu’on me donnait les moyens, quel problème je voudrais résoudre dans ma boîte grâce à la qualité ? » Genre un vrai problème, pas juste un petit irritant. Un truc qui empêche le développement de l’entreprise ou qui pourrit la relation client.
Et tu sais quoi ? Il est fort probable que l’IA puisse t’aider à avancer sur ce problème-là. Mais seulement si tu as identifié lequel. Parce que sans cette clarté, tu vas juste l’utiliser pour remplir tes tableaux plus vite. Et dans cinq ans, quelqu’un se demandera pourquoi on paie encore un responsable qualité pour ça.
Prends le temps d’y réfléchir
Tu sais ce qui me frappe dans les échanges que j’ai avec les responsables qualité en fin d’année ? Ce n’est pas la fierté des objectifs atteints ou la satisfaction du devoir accompli qui ressort. C’est souvent un mélange de fatigue et de questionnement : “J’ai couru toute l’année, je suis vanné, mais pour quoi, finalement ?”
À quoi ai-je servi ? Qu’est-ce qui a vraiment changé dans l’entreprise grâce à mon travail ? Et surtout : qu’est-ce que je veux faire bouger l’année prochaine ?
Ces questions font un peu mal (je sais) parce qu’elles obligent à être honnête. Et parfois, la réponse, c’est : “Pas grand-chose… J’ai géré le quotidien… Tenu le système à bout de bras… Evité que ça parte en vrille…”
C’est déjà énorme, d’ailleurs. Vraiment. Mais si au fond de toi, tu sens que tu pourrais apporter plus, que tu as des idées... alors 2026 peut être l’année où ça change.
L’IA va continuer à progresser et se répendre. Ce n’est pas un avis, c’est un fait. Et elle va grignoter au fur et à mesure les tâches répétitives, les contrôles et toute l’exécution pure. C’est économiquement logique et c’est comme ça.
Donc la vraie question c’est : dans cinq ans, tu veux être quoi ? Celui qui exécute de mieux en mieux des tâches de moins en moins valorisées ? Ou celui qui voit ce que les autres ne voient pas, éclaire les décisions importantes et rend l’entreprise meilleure ?
Si c’est la deuxième option, alors l’IA doit devenir ton alliée. Elle peut te libérer du temps pour analyser et comprendre. Puis amplifier ton impact. Mais seulement si tu sais ce que tu veux amplifier.
Pour conclure je t’annonce une pause du Rendez-vous Qualité pendant les fêtes. On se retrouve en 2026. D’ici là, accorde-toi vraiment ce moment de réflexion. Pas 10 minutes entre deux tâches : prends une heure, mets-toi au calme.
Puis pose-toi cette question : quel est LE problème que je veux résoudre l’année prochaine ? Un seul. Celui qui te tient vraiment à cœur.
Et si tu as besoin d’en parler, écris-moi. Sérieusement. Sur LinkedIn, dans le Village QSE, par mail. Je lis tout et je réponds. Parfois, partager ce qu’on porte, ça aide à y voir plus clair.
On en reste là pour aujourd’hui.
Bonnes fêtes. Prends soin de toi. Et à très bientôt.
Benoît
PS : si tu connais quelqu’un qui apprécierait de me lire, fais-lui suivre ce mail :
Pour aller plus loin ensemble:
🏘️ Le Village QSE – La communauté des passionnés du métier : échanges, entraide, et inspiration entre pairs pour ne plus avancer seul.
🚀 Mission Qualité – Le programme pour grandir dans ton rôle, gagner en influence et retrouver du plaisir dans la fonction qualité / QSE.
😄 Les Memes QSE – Un peu d’humour dans le sérieux de nos métiers : 148 memes à adapter et partager à ta sauce.
→ Toutes mes ressources sont réunies sur mon site web.


Une bonne réflexion sur ce que tu peux apporter comme valeur à ton entreprise avant de te coincer le cerveau sur l'IA et ce pour tous les métiers. Affaire à suivre.
Merci benoit pour cet article !