Salut à toi,
benvenue à ce 53ème Rendez-vous Qualité. Nous sommes désormais 4402! 🤩 Que tu sois là depuis le début ou que tu viennes d’arriver, merci de me lire.
Je remercie également QUALNET, le sponsor de cette édition, qui permet de garder la newsletter gratuite pour les lecteurs.
QualNet a réalisé en début d’année une enquête puis consolidé un baromètre consacré aux usages de l’intelligence artificielle en management de la qualité. Je t’invite à le télécharger ici afin d’illustrer et compléter mon article.
Au sommaire:
Mon actualité
Intelligence artificielle et management qualité
L’intelligence artificielle c’est génial
Pourquoi je freine devant l’usage de l’intelligence artificielle en qualité
De l’importance du regard critique en management qualité
Comment bien utiliser l’intelligence artificielle en qualité
Temps de lecture : 12 minutes
Mon actualité
C’est reparti
La semaine dernière je vous ai fait part de ma remise en question. Vous êtes nombreux à m’avoir répondu: merci 🙏!
Le pourquoi du Rendez-vous Qualité en sort renforcé et ma motivation est renouvelée. Alors je fais bref (encore casé la mot à la mode): on continue!
Mission Qualité
Voilà ce que m’a dit Sarah la semaine dernière après avoir participé à la session de janvier:
"Franchement bravo Benoit, avec cette formation tu changes des vies et je pèse mes mots !!"
Mission Qualité c’est une transformation pour que tu arrêtes de galérer seul(e).
Mais d’abord il faut que tu le veuilles. Choisis la pilule rouge pour rejoindre le mouvement:
Intelligence artificielle et management qualité
Deux lettres qui sont partout. Si tu voulais les éviter, tu ne le pourrais pas.
IA.
Intelligence artificielle.
Cette révolution technologique est connue du grand public depuis l’apparition de ChatGPT fin 2022. Ce qui était “juste” une appli fun au départ s’est transformé en raz de marée. Je la vois partout. Eh oui, elle a fortement contribué à ma récente remise en question. Qu’est-ce que j’apporte avec mes contenus que l’IA ne peut pas déjà apporter ? (Vous êtes nombreux à m’avoir donné des réponses depuis une semaine, j’en profite pour vous remercier 🙌😉).
Le rendez-vous Qualité parle de qualité alors j’ai envie d’explorer aujourd’hui ces questions : intelligence artificielle et management de la qualité peuvent-ils faire bon ménage ? Faut-il plutôt y voir des risques ou des opportunités ? Qu’en penser ?
Pour avoir un aperçu des usages existants, envisagés ou envisageables de l’IA en qualité dans les entreprises je te renvoie à la très bonne enquête menée par mon sponsor et partenaire QualNet (clique juste ici).
Moi je vais plutôt te partager les réflexions qui me traversent l’esprit ces derniers jours, une vision depuis ma fenêtre, avec mes prismes de lecture du management de la qualité. Mon “gut feeling” en quelques sortes, mon intuition relative à l’IA. L’objectif n’est pas de te délivrer des réponses, mais plutôt d’alimenter tes réflexions sur le sujet, large et profond, et d’aiguiser ton regard critique (notion importante sur laquelle je reviendrai).
L’intelligence artificielle c’est génial
Mais tu te rends compte ? Tu lui poses une question : elle te répond. Tu lui donnes des données : elle les analyse. Tu lui demande d’écrire : elle écrit. Tu lui demandes des idées : elle te les donne. Ça ne convient pas : elle refait. Tu lui dis quelles compétences utiliser, quel ton employer, de qui s’inspirer. Même pas besoin d’être poli ou de se soucier de son type de personnalité pour qu’elle veuille bien t’écouter et t’obéir. Elle exécute. Ça c’est pour les IA génératives, comme ChatGPT et ses petits robots (les GPTs).
Ensuite il y a aussi les agents IA : ils proposent, prennent des initiatives, assument un degré d’autonomie plus élevé. Ils peuvent collaborer entre eux, avec un agent chef et des agents exécutants. Une vraie petite armée. L’équipe que tu rêves d’avoir.
Et puis tu as les IA cachées sous le capot. Celles que tu ne manipules pas directement avec une interface, mais qui bossent en sous-marin dans tes logiciels sans même que tu ne t’en rendes compte. Genre celle qui floute le fond de ton bureau pas au top du 5S quand tu vas en visio.
En qualité ? Imagine une IA qui fournit la liste des parties intéressées, leurs besoins et attentes, les enjeux internes et externes, les axes de la politique et les objectifs associés ? Elle te préconise ensuite les actions à mettre en œuvre et les planifie sur les 12 mois à venir. Encore deux clics et tu as tes slides de communication interne à présenter dans chaque processus.
C’est génial.
Mais il y a un mais. Au fond de moi je vois un risque. Le gut feeling, sans réfléchir, ça ressemble plutôt à un bulldozer qui fait un sacré bazar alors que ce n’est ni ce qu’on demande, ni ce dont on a besoin.
En mode mais what the f*ck? Et why the f*ck?
Un peu comme regarder tout ça sous l’angle environnemental : on s’échine à faire comprendre et reconnaitre les changements climatiques en cours, les impacts sur la biodiversité, à susciter des prises de consciences sur l’urgence de revoir nos modes de vie et de consommation. Et la bim : on nous balance une nouvelle techno dont fondamentalement on n’a pas besoin et qui est une catastrophe environnementale totale. Résultat : on y fonce tout droit !
C’est dégueu mais c’est génial ! C’est brillant. C’est nouveau. Ça fait des trucs tout seul. Ça ouvre des perspectives. Ça offre des possibilités. On ne peut pas ne pas essayer.
Moi aussi je joue avec. Je veux voir ce qu’elle peut faire. J’ai des dizaines de logiciels IA en raccourcis. Parfois je me fais happer pendant 2 heures dans l’un d’eux. Mais finalement je ne fais rien de bien structuré.
C’est le même rapport que j’ai aux macros Excel et au outils no code depuis des années. J’ai joué avec, mais rien fait de sérieux. Les plus dégourdis d’entre vous en feront quelque chose, les autres non : c’est génial, en théorie tu peux faire plein de choses avec, mais dans la pratique ce n’est pas le cas du responsable qualité lambda. Car il n’est pas développeur, n’en pas la logique, ni la structuration d’esprit, ni les méthodes, ni le temps.
Pour aller plus loin ensemble:
Mission Qualité: Inscriptions ouvertes pour la session de mai 2025. Le programme de formation et d’accompagnement pour arrêter de galérer et t’épanouir dans la fonction qualité/QSE.
Le Village QSE: la communauté de pairs pour échanger et te sentir moins seul.
Memes QSE: télécharge mes 118 memes en format modifiable.
Retrouve toutes mes offres sur mon site web.
Pourquoi je freine devant l’usage de l’intelligence artificielle en qualité
Depuis le début je ne la sens pas super bien l’IA. Au début je me suis dit que je vieillissais et j’ai craint qu’une aversion à la nouveauté commençait à pointer le bout de son nez.
Puis j’ai essayé de m’écouter. Et j’ai mis le doigt sur le problème. L’intelligence artificielle et ses déclinaisons en outils divers n’adressent pas le problème de fond.
Mon expérience, qui est aussi ma conviction n°1 en qualité, c’est que ce sont les humains de l’entreprise qui font la qualité. Ce sont leurs prises de conscience, leur état d’esprit, leur volonté, leur engagement, leur courage, leur créativité etc… qui font qu’on peut déployer une démarche d’amélioration pérenne et utile.
D’où la question : est-ce que l’IA y contribue ?
Est-ce que l’IA va permettre aux humains de l’entreprise d’adopter un meilleur comportement face aux problèmes ?
Est-ce qu’elle va amener chacun à mieux jouer son rôle ?
Est-ce qu’elle va développer la culture qualité de l’entreprise ?
Intuitivement pour moi la réponse est plus probablement non que oui.
Ou plutôt : je vois plus de risques associés à l’utilisation de l’IA en qualité, que d’opportunités. Je vois plus l’IA affaiblir cette dimension humaine que la renforcer. Et donc affaiblir les démarches d’amélioration basées sur la qualité.
Si on me propose un logiciel à base d’IA qui qui fournit la liste des parties intéressées, leurs besoins et attentes, les enjeux internes et externes, les axes de la politique et les objectifs associés ? Je réponds : “Au secours ! Non, surtout pas !!!”
Adieu tout espoir de leadership si on dédouane les dirigeants et top managers de leur réflexions et contributions au système de management. Dire qu’une IA peut le faire revient à dire “on n’a pas besoin de vous”. C’est pas votre boulot. C’est pas votre responsabilité. C’est juste une production de livrables qu’on réalise de la manière la plus efficace et efficiente possible. Mais dans quel but ? Tous ces éléments de contexte et d’orientation stratégique n’ont pas pour finalité de remplir 3 slides de revue de direction. L’objectif n’est pas de les torcher vite fait bien fait. Ils ont pour but d’impliquer et d’engager les dirigeants.
En poussant le bouchon, voici pour moi les vraies questions : est-ce que l’IA va améliorer le quotidien des qualiticiens ? Est-ce que l’IA va renforcer l’assimilation de la qualité à la production de livrables pour les certifications ? Est-ce que les gains de temps permis seront des moyens de justifier l’augmentation de la charge et du périmètre de responsabilité des responsables qualité ?
De l’importance du regard critique en management qualité
J’aimerais citer un de mes anciens dirigeants dont une phrase m’est restée : “on automatise en priorité les activités qui fonctionnent le mieux à la main.”
C’est fondamental.
Les machines et les outils apportent la capacité de mieux faire ce qu’on sait déjà bien faire sans elles. Plus vite, plus répétable, plus précis, plus efficient.
Or mon constat c’est que bon nombre de démarches qualité n’en sont pas au stade de pouvoir être déléguées et automatisées. Et c’est ça le risque : partir dans cette direction alors que le pourquoi, le sens, ne sont pas assimilés. Réduire la qualité à cette exécution déléguée à la machine vs intégrer la compréhension que la qualité est un état d’esprit avant tout.
Et enfin laisser la machine faire des âneries parce qu’on aura perdu la capacité de regard critique face à ce qu’elle nous délivre.
Quand j’étais étudiant en école d’ingé j’ai appris le dessin technique sur calque (Rotrig power) avant d’utiliser des logiciels de CAO.
J’ai appris à faire des calculs de RDM avant de passer sur des softs pour les simulations de déformations de structures.
J’ai développé une compréhension du sujet avant d’en optimiser l’exécution.
Pourquoi c’est important ?
Parce que cela permet de maitriser les notions de base et de développer un regard critique.
Ce même regard critique indispensable pour déterminer si oui ou non le recours à une intelligence artificielle est pertinent, encadrer ce qu’on lui demande ou pas, valider la recevabilité des livrables qu’elle fournit.
Car fait ne signifie pas bien fait. La qualité ne peut pas se résumer à une exécution couplée d’une confiance aveugle. Bien sûr qu’il y a des tâches plus exécutives, répétitives, analytiques, sur lesquelles l’IA ou d’ailleurs d’autres logiciels peuvent apporter une valeur ajoutée. Mais le regard critique c’est se rappeler que c’est loin d’être une garantie et rester vigilant.
Pour aller plus loin ensemble:
Mission Qualité: Inscriptions ouvertes pour la session de mai 2025. Le programme de formation et d’accompagnement pour arrêter de galérer et t’épanouir dans la fonction qualité/QSE.
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Comment bien utiliser l’intelligence artificielle en qualité
Oui si elle ne dédouane par l’humain d’adopter le bon état d’esprit.
Oui si on ne la balance pas dans les zones grises qu’on ne sait pas gérer sans.
Oui si on l’encadre, la vérifie, la valide.
Oui si conserve un pouvoir de regard et de décision critiques.
Oui là où elle permet de faire des choses où l’humain est peu fiable (genre du contrôle visuel, comme le propose mon sponsor Scortex).
Mais…
Je partage mon inquiétude face à la tentation de tout lui refourguer, de profiter des gains de temps incroyables qu’elle permet, de sa capacité à décupler nos compétences, quitte à ce que les livrables ne soient pas toujours pertinents et contextualisés.
Si je suis inquiet c’est parce c’est exactement ce je vois dans d’autres domaines. La majorité des articles de blogs que tu peux lire sur des sites pros sont écrits avec l’IA. Ils sont fades et interchangeables. Mais aussi hyper optimisés en SEO (search engine optimization), ce qui signifie qu’ils apparaissent tout en haut des résultats de recherche Google. C’est devenu leur raison d’être et c’est précisément l’objectif de l’usage de l’IA dans ce cas. Le risque ? Tu cherches des infos sur un sujet, et tu tombes sur des textes creux, écrits pour être visibles, plutôt que pour être juste et pertinents.
Regarde les posts Linkedin écrits par l’IA. Ou encore les images générées par l’IA sous ces mêmes posts, avec des fautes d’orthographe tellement énormes, voir des mots incomplets. Et pourtant elles sont mises en ligne ! Parce que quelqu’un a jugé l’image satisfaisante. Comme si pouvoir générer quelque chose que normalement on ne sait pas faire et en plus le faire vite, étaient des raisons suffisantes pour lui donner de la valeur et le valider. Alors que je pense que non. Une bouse reste une bouse. Sous réserve d’avoir le regard critique qui permet de le détecter.
Tu vas me dire que les prompts et les logiciels pour les images s’améliorent, que de nouveaux modèles d’IA corrigeront ces erreurs ? Oui bien sûr. Mon point c’est qu’à un moment on a jugé que c’était satisfaisant. Ma crainte c’est que l’IA en qualité ce soit pareil. Qu’on l’utilise pour tout et n’importe quoi sans être critique quant à la pertinence tant des livrables que des raisons de le faire.
Je le vois sur Linkedin, sur internet et je suis convaincu qu’on le verra en qualité en entreprise très bientôt. Des IA qui recherchent des causes de non-conformités ou écrivent des procédures hors sol. Et on brandira les résultats en disant : “tu as vu c’est génial, c’est l’agent IA qui a fait le boulot en 3 minutes !” Le problème ne sera pas réglé, les causes se reproduiront. Et on dira que la qualité ça ne sert à rien.
Je formule donc le vœu que les qualiticiens entretiennent et développent leur regard critique. Car oui, l’IA va déferler dans le quotidien en qualité, comme elle le fait ailleurs, qu’on le veuille ou non. Mais cela ne doit pas être considéré comme une raison suffisante de lui confier tout et n’importe quoi. Ce n’est pas une raison non plus pour réduire la qualité à la production efficiente de livrables en réponse à des exigences, à la réussite d’audits.
Finalement ce chamboulement en cours nous ramène aux bases, au pourquoi de la qualité : fournir des produits et services qui recueillent la satisfaction des clients, tout en répondant aux besoin et attentes de l’écosystème de parties intéressées et en recherchant en permanence l’amélioration.
Je reste convaincu que la clé c’est l’humain. Que les entreprises qui performent sont celles qui l’ont compris et intégré jusqu’aux plus hauts niveaux, puis redescendu sur toutes les fonctions.
Si l’IA est utilisée au service de cette vision : go !
Si elle fait s’en éloigner : attention aux dégâts.
Je reviendrai sur ce sujet dont on n’a pas fini de parler.
On en reste là pour aujourd’hui et je te dis à bientôt !
Benoit
PS : si tu connais quelqu’un qui apprécierait de me lire, fais-lui suivre ce mail :
Pour aller plus loin ensemble:
Mission Qualité: le programme de formation et d’accompagnement pour t’améliorer et t’épanouir dans la fonction qualité/QSE. La prochaine session démarre en mai 2025!
Le Village QSE: la communauté de pairs pour échanger et te sentir moins seul.
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Je viens de finir de lire ton article et je te remercie pour ce coup de projecteur toujours pertinent🤩.
Quand on perçoit quelque chose qui peut être potentiellement un ennemi et des fois ami, il faut bien l’étudier pour savoir quand on s’associe avec et quand dire ✋. Quand c’est beau, lisse et ça va vite, on a pas le temps de prendre du recul. Ta newsletter marque la pause.
Et ben, moi aussi AVOIR peur et crainte face à cette IA imposée qui va très vite.
Ma crainte est la dégradation de cette matière grise et la neuro plasticité des générations à venir. Ne plus pouvoir réfléchir par soi-même jusqu’à devenir complètement addict .
Le couple Qualité-IA existe déjà et tu as raison, des fois , on l’utilise sans se rendre compte, c’était mon cas 😅…
Là où je la trouve utile c’est quand elle fait le pont entre les différentes plateformes pour nous communiquer les indicateurs après penser à la place de l’homme ça craint.
Quant à la planète…