Salut à toi,
bienvenue à ce 63ème Rendez-vous Qualité. Nous sommes désormais 4624! 🤩
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Au sommaire:
Mon actualité
Pourquoi il ne faut pas "former à la qualité"
Quand la formation ne change... rien
Pourquoi ça ne fonctionne pas ?
Ce qui marche vraiment : faire vivre la qualité
Des alternatives concrètes à la formation classique
Conclusion : forme moins, transforme plus
Temps de lecture : 8 minutes
Mon actualité
Podcast “Qualité: au-delà du virtuel”
Voici le 6ème épisode du podacst que je réalise depuis le début de l’année pour Parcours croisés, de l’AFNOR. Mon invitée: Dounia Bouhafs, responsable qualité dans la santé mentale, que je t’invite à suivre sur Linkedin.
Nouveauté au village QSE: le Premium
A partir de septembre prochain un nouvel abonnement Premium sera proposé dans la communauté en ligne des pros Q/QSE/HSE. L’objectif est simple: mettre à disposition tout ce dont un responsable qualité / QSE a besoin pour développer ses compétences et traiter les problématiques qui se présentent à lui. Voilà, rien que ça.
Pour découvrir à quoi ça va ressembler et profiter de l’offre de lancement, répond à ce questionnaire puis réserve ta visio découverte avec Anthony Deles ou moi (on te laisse choisir celui que tu préfères 😉).
Mission Qualité
Développe tes softs skills pour mieux embarquer tes collègues dans la démarche et ne pas finir en burnout. Simple. Basique.
Inscriptions ouvertes pour les prochaines sessions de septembre 2025, janvier 2026 et mai 2026. Tu trouves les infos ici puis clique sur le bouton rouge pour en savoir plus.
Pourquoi il ne faut pas "former à la qualité"
Ça y est. Ta direction te dit : "Il faut que tu fasses une formation qualité pour les opérationnels." Et te voilà à plancher sur des slides PowerPoint, à prévoir une salle, à faire des groupes, à réserver des dates, avec une légère boule au ventre. Pas parce que tu as le trac, non. Parce que tu crains que cette formation ne change rien.
Tu vas leur parler des exigences ISO. De l’importance de respecter les modes opératoires, les gammes et tous les autres standards divers et variés. De bien enregistrer les résultats. Des réactions à avoir en cas d’anomalie. Tu vas évoquer les risques produits, en espérant qu’ils comprennent et qu’ils adhèrent.
Mais au fond de toi tu sais que dans 8 jours, 80% de ce que tu auras dit sera oublié. Et le système qualité continuera de tourner avec les mêmes galères que tu continueras de devoir résoudre.
Alors pourquoi continue-t-on à faire des « formations qualité » comme on le faisait en 1995 ?
Quand la formation ne change... rien
Prenons un exemple. Tu fais une session de 2h sur les non-conformités. Tout le monde t’écoute poliment. Tu expliques le système de signalement des incidents internes. Tu rappelles les exigences associées issues des normes, les risques si on ne détecte pas. A la fin tu fais un quiz pour évaluer la compréhension. Réussite 90% !
Mais deux semaines plus tard, quand un incident survient en atelier, personne ne le remonte. Alors que logiquement ils devraient être plusieurs à pouvoir le faire. Pourquoi ? Parce que dans le feu de l’action, les réflexes n’y sont pas. La formation n’a pas suffi à ancrer un changement. Sur le moment ils ont emmagasiné les infos et lors du quiz ils les ont ressorties, c’était encore frais dans leur esprit.
Pire, certains t’ont dit en off : "Sympa ta formation, c’est pas souvent qu’on va en salle. Mais bon, nous on a du boulot, pas trop le temps avec tes trucs."
Et toi, si tu ne réagis pas, tu vas recommencer. L’an prochain, même programme. Mêmes slides. Même impact : zéro.
Pourquoi ça ne fonctionne pas ?
C’est simple : parce que tu formes des adultes. Et un adulte, ça n’apprend pas comme un étudiant. Il apprend par l’expérience, par la pratique, par l’épreuve. Pas par une déclinaison théorique des normes, de la réglementation ou des procédures.
La fameuse courbe d’oubli d’Ebbinghaus le prouve : en 48h, on a déjà oublié la moitié d’une info apprise. Et au bout d’une semaine ? Plus rien. Sauf si l’info a été réactivée et appliquée.
Ajoute à ça :
Un lieu de formation décorrélé de leur environnement habituel
Un contenu théorique peu connecté à leur réalité quotidienne,
Un formateur (toi) qui est perçu comme "le gars de la qualité et des audits" (et donc pas légitime sur le terrain),
Un format descendant, à sens unique et sans mise en action,
Et tu obtiens une formation qui "informe" peut-être, mais qui ne transforme rien. Or ce que tu veux c’est d’abord qu’ils comprennent. Qu’ils s’approprient ce qui est attendu d’eux et la manière de le réaliser. Puis surtout qu’ils agissent et pour reprendre mon exemple : que le jour ou ils détectent une non-conformité, ils la déclarent !
Pour aller plus loin ensemble:
Mission Qualité: le programme de formation et d’accompagnement pour t’améliorer et t’épanouir dans la fonction qualité/QSE. Inscriptions ouvertes pour les sessions de septembre 2025, janvier et mai 2026.
Le Village QSE: la communauté de pairs pour échanger et te sentir moins seul.
Memes QSE: télécharge mes 136 memes en format modifiable (mis à jour!).
Retrouve toutes mes offres sur mon site web.
Ce qui marche vraiment : faire vivre la qualité
La qualité, ce n’est pas juste un savoir. Bien sûr il y a des procédures, des méthodes et des outils. Mais la vraie qualité, celle que tu recherches, se joue au niveau de la culture. Ça doit devenir un réflexe, une posture. Et pour qu’elle s’installe, il faut qu’elle soit ressentie. Ta formation doit faire expérimenter la qualité, la partager avec les participants.
Voici quelques leviers qui fonctionnent et que je t’invite à tester par toi-même :
Du terrain : Plutôt qu’expliquer la notion de non-conformité et de présenter le nouveau dispositif pour les signaler en salle, montre du concret. Emmène le groupe dans l’atelier. Montre des cas de non-conformité. Fais utiliser le dispositif pour les signaler. Pratique avec eux pour que le jour J ils ne se posent pas de questions. Tu peux aussi instaurer des routines de tour de terrain en dehors des temps de formation, avec les des objectifs de proximité, de légitimité et de récolte d’info. Quoi qu’il en soit tu as compris l’idée : faire intégrer que la qualité c’est du pragmatique, ça fait partie du quotidien et que ce n’est pas un truc en plus.
Le storytelling : Raconte une histoire vécue. Avec des gens qu’ils connaissent. Un incident qui a parlé à tous, qui aurait pu être évité. Ce qu’il aurait fallu faire pour l’éviter. Les conséquences qui n’auraient pas eu lieu. Ce que ça aurait changé. Là, tu les captes. Là, ça imprime.
L’humour et l’autodérision : Tu as des non-qualiticiens envoyés en formation qualité. Par défaut ce n’est pas leur tasse de thé et ils ne se sentiront pas hyper concernés. Donc trouve un moyen de capter leur attention et de créer la connivence. Un super truc c’est l’humour. Essaie par exemple de démarrer ta formation avec un même, puis places-en un autre de temps en temps. (Tiens revoici le lien si tu veux récupérer les miens et les utiliser). La seule limite de ce point : tu dois te sentir à l’aise avec ça. Si l’autodérision c’est pas ton truc et si tu penses que la qualité ça doit rester sérieux, ne te force pas et ne le fais pas.
Intégrer la qualité dans les formations métier : C’est le vrai secret. En réalité on ne veut pas que les collègues fassent de la qualité. On veut qu’ils fassent bien leur boulot, c’est-à-dire en tenant compte des critères qualité (exigences externes, règles internes, bons réflexes, formalisme documentaire, recherche d’atteinte des objectifs et amélioration etc…). Alors envisage de ne plus faire des formations qualité à part. Intègre les items qualité dans les formations techniques, dans les parcours managers, dans les ateliers sécurité. La qualité ne doit finalement plus être un sujet à part. Elle doit faire partie de la façon de faire le boulot.
Créer des rituels : Comment contrecarrer la courbe de l’oubli ? Une option consiste à mettre en place des points mensuels (adapte la fréquence à ton contexte) dans les équipes pour remonter les irritants et les traiter. Tu peux aussi greffer ça sur des rituels existants, pas forcément besoin d’en rajouter. L’objectif : t’assurer que ce qui est attendu des équipes terrain sur la partie qualité est compris, fonctionne et ne présente pas de points bloquants, tout en faisant de l’ancrage mémoriel de ce qui est attendu. Tu peux en profiter pour donner du feedback par exemple sur le traitement des non-conformités qui ont été signalées. Ça te permet également de récupérer plein d’infos du terrain et de débunker directement les points durs.
Des alternatives concrètes à la formation classique
Voici des outils testés, approuvés et adaptables à toutes les structures pour aller plus dans la conception des actions de formations. Je ne peux que te recommander d’enrichir tes formations « classiques » de ce type de formats :
1. Le microlearning Des capsules vidéo de 3 minutes, accessibles sur smartphone, qui traitent d’un sujet précis : "Comment traiter une non-conformité client ?" ou "Les 3 erreurs à éviter en audit". Léger, rapide et ciblé. Idéal pour réactiver la mémoire et ancrer les bons réflexes. Ça te semble compliqué à organiser ? Mais non ! Pas de besoin de matos pro ni de setup digne d’un plateau télé. Un smartphone suffit et on filme depuis les locaux de l’entreprise. Le vrai enjeu technique c’est le son, donc évite juste les endroits bruyants. Ensuite stockage sur un drive ou un cloud (genre sharepoint) et il n’y a plus qu’à envoyer les liens aux participants.
2. Le jeu de la non-conformité En réunion d’équipe ou en formation, on met en scène une situation dégradée (volontairement !). Aux participants de repérer les anomalies, de proposer des causes, de suggérer des actions. C’est comme une chasse aux risques ou un jeu des 7 erreurs, mais en grandeur réelle. Tu peux aussi envisager d’aller plus loin avec un escape Game où les participants doivent résoudre une crise en utilisant les méthodes et outils qualité. Parfait pour les managers, les pilotes de processus ou les nouveaux arrivants (qui du coup font connaissance de manière plus informelle).
4. Les ambassadeurs qualité Choisis un ou deux relais dans chaque service. Forme-les différemment, accompagne-les, valorise-les. Ils deviennent les yeux et les oreilles du SMQ sur le terrain. Des relais opérationnels pour le pilote du processus et pour toi. Et surtout : ils parlent la langue de leurs collègues.
Conclusion : forme moins, transforme plus
Former, c’est facile alors que transformer, c’est tout un art. Et cet art repose sur une conviction :
"Ce n’est pas ce qu’on sait qui change les choses, c’est ce qu’on fait."
Plutôt que de vouloir tout expliquer, il vaut mieux créer les conditions pour que les bons réflexes s’installent. Et ces conditions, ce sont : un cadre clair, des repères concrets, des retours d’expérience partagés, et surtout, de la pratique régulière.
C’est en facilitant l’action, en accompagnant le terrain, en reconnaissant les efforts qu’on construit une culture. Pas avec une formation annuelle déconnectée du quotidien.
Alors sors des salles de formation. Entre dans les ateliers, les réunions métier, les conversations informelles et injecte de la qualité partout où tu peux. Par petites touches, mais souvent.
Et petit à petit, les réflexes vont se créer et c’est la culture qualité qui va germer.
On en reste là pour aujourd’hui et je te dis à bientôt.
Benoît
PS : si tu connais quelqu’un qui apprécierait de me lire, fais-lui suivre ce mail :
Pour aller plus loin ensemble:
Mission Qualité: le programme de formation et d’accompagnement pour t’améliorer et t’épanouir dans la fonction qualité/QSE. Inscriptions ouvertes pour les sessions de septembre 2025, janvier et mai 2026.
Le Village QSE: la communauté de pairs pour échanger et te sentir moins seul.
Memes QSE: télécharge mes 136 memes en format modifiable (mis à jour!).
Retrouve toutes mes offres sur mon site web.



Eh oui, former, c’est facile…
Mais transformer — ça, c’est tout un art.
Former sans transformer, c’est comme semer sur du béton: Sans ancrage culturel ni changement systémique, les comportements restent figés.
La qualité ne s’impose pas: elle s’incarne, se ressent, et s’intègre dans chaque geste du quotidien.
C’est en revisitant les pratiques, les rôles et les symboles que l’on crée un terreau fertile…
pour une qualité vivante et partagée.
Grand merci pour cette newsletter, elle continue d’ouvrir des chemins vers une transformation authentique et enracinée.
Oui l’être humain oublie ( en langue arabe l’humain est appelé insane qui signifie oublie ). Que du bon sens et cette newsletter me parle plus. Il faut qu’on arrive à parler qualité sans utiliser ce mots, à petites doses, partout , régulièrement et répéter.
Merci pour le podcast et ce partage 😉.