Salut à toi,
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J’organise une Masterclass en Live le vendredi 27/02 de 12h30 à 13h45. Le thème :
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(C’est demain, promis après j’arrête de t’en parler! 😅)
Au sommaire:
Ne pas tout savoir, c’est mieux
La croyance qui m’a paralysé pendant des années
Une vision figée de la qualité
La qualité est une évolution, pas un état
Donc ne pas tout savoir, c’est mieux
Ce qui a changé pour moi
La meilleure démonstration possible
La posture à cultiver
Une bouffée d’oxygène
Temps de lecture : 08 minutes
Ne pas tout savoir, c’est mieux
Tu connais peut-être ce moment, quand quelqu’un te pose une question en réunion. Par exemple sur un point réglementaire ou un détail normatif sur lequel tu es censé être calé. Tout le monde te regarde. Et tu ne sais pas.
Le cerveau qui cherche frénétiquement une réponse. La bouffée de chaleur qui monte. La peur d’être démasqué.
Si tu es responsable qualité, tu as probablement vécu ça. Peut-être même souvent.
Et si je te disais que cette peur repose sur une vision complètement erronée de ce qu’est la qualité ?
La croyance qui m’a paralysé pendant des années
Il y a quinze ans, quand j’ai commencé comme responsable qualité, j’avais repris les études pour me spécialiser et il en avait découlé un fort besoin de reconnaissance. A mon arrivée en entreprise je voulais démontrer que je méritais ma place.
Je redoutais qu’on me pose une question à laquelle je n’aurais pas la réponse. L’angoisse de me faire coincer sur une exigence de la 9001 ou un article du code du travail que j’aurais dû connaître.
Mais le pire, c’étaient les analyses de causes. J’étais pétrifié à l’idée d’en mener une. Je maitrisais les méthodes (l’Ishikawa, les 5 pourquoi, l’arbre des causes…tout ça je connaissais). Non, ce qui me terrorisait, c’était la possibilité de ne pas aboutir. De tourner en rond devant les autres sans jamais identifier de cause racine. D’arriver au bout de la réunion avec... rien de concluant. Je préparais ces réunions de façon excessive, je retournais le sujet dans ma tête pendant des jours, juste pour éviter ce scénario catastrophe.
Pour moi, être responsable qualité, c’était maîtriser ces compétences-là avant tout. Si j’étais pris en flagrant délit d’ignorance, si je n’arrivais pas au résultat attendu, je serais identifié comme incompétent. Peut-être même viré.
Ne rigole pas. C’était vraiment comme ça dans ma tête à l’époque. Cette peur était concrète, quotidienne. Elle conditionnait ma façon de préparer les réunions, de répondre aux sollicitations. Et forcément cela impactait mon positionnement face aux autres.
Une vision figée de la qualité
Avec le recul, j’ai compris d’où venait cette angoisse. Elle reposait sur une certaine vision de ce que devait être la qualité.
Dans cette vision, la qualité c’est la maîtrise totale. Zéro non-conformité, tout sous contrôle. Un état idéal à atteindre et à maintenir. Une situation figée où tout fonctionne parfaitement, où toutes les réponses existent déjà.
On retrouve cette vision partout : dans les formations, dans les référentiels, dans la façon dont on présente les systèmes de management. Jusque dans la célébration des audits de certification qui se terminent avec 0 non-conformité.
Et si la qualité est un état de perfection, alors le qualiticien doit incarner cette perfection. Il doit tout savoir et tout maîtriser. Ne jamais être pris en défaut.
Le problème, c’est que cette vision est fausse.
Fondamentalement et essentiellement fausse.
Un état figé, ça n’existe pas. Pas dans une entreprise qui évolue et s’adapte à son marché. Pas dans la vraie vie non plus. C’est contre nature. L’impermanence est la seule certitude en ce bas monde. Et surtout, ce n’est pas ça, la qualité, même si cette vision nous piège tous à un moment ou un autre.
La qualité est une évolution, pas un état
La vraie qualité, c’est une démarche. Tu pars d’un point de départ, que tu accueilles tel qu’il est, avec ses imperfections et ses zones d’ombre, et tu chemines vers une situation meilleure. Puis tu continues encore et encore.
Ce n’est pas être parfait. C’est progresser.
L’amélioration continue, par définition, suppose qu’on ne sait pas encore tout et qu’on n’a pas encore tout résolu. Que des problèmes existent et restent à traiter. Si tout était déjà parfait, il n’y aurait plus rien à améliorer. (Et plus besoin de qualiticien d’ailleurs !)
La qualité vit dans le mouvement et l’évolution. Dans la capacité à partir d’un point A imparfait pour aller vers un point B amélioré. Elle meurt dans l’immobilité d’un système parfait qui n’existe que sur le papier.
Pour aller plus loin ensemble :
🏘️ Le Village QSE – La communauté des passionnés du métier : échanges, entraide, et inspiration entre pairs pour sortir de l’isolement.
🚀 Mission Qualité – La formation pour grandir dans ton rôle, gagner en influence et retrouver du plaisir dans la fonction qualité / QSE.
😄 Les Memes QSE – Un peu d’humour dans le sérieux de nos métiers : 160 memes à adapter et utiliser à ta sauce.
→ Toutes mes ressources sont réunies sur mon site web.
Donc ne pas tout savoir, c’est mieux
Quand tu comprends ça, un déclic se produit.
Un qualiticien qui sait tout incarne une qualité figée. Terminée. Un état final où il n’y a plus rien à découvrir et plus rien à apprendre.
Un qualiticien qui cherche incarne une qualité vivante. En mouvement. Une démarche réelle d’amélioration qui se déploie sous les yeux de tous.
Tu sers mieux la qualité en ne sachant pas tout qu’en ayant toutes les réponses.
Ce n’est pas une permission qu’on t’accorde, du genre “on ne t’en voudra pas si tu ne sais pas”. Non, c’est bien plus profond que ça.
Ne pas tout savoir te rend meilleur dans ta fonction. Ça te place dans la bonne posture pour incarner ce qu’est vraiment l’amélioration.
Les maîtres zen appellent ça “shoshin”, l’esprit du débutant. Cette ouverture qui permet d’apprendre, là où l’expert qui sait déjà s’est fermé. Dans l’esprit du débutant, il y a beaucoup de possibilités. Dans l’esprit de celui qui sait tout, il n’y en a quasiment plus.
Ce qui a changé pour moi
Avec le temps, je me suis retrouvé précisément dans les situations que je redoutais. (Evidemment…). Sans avoir les réponses et à devoir me débrouiller. Chercher devant les autres sans garantie de trouver.
Eh bien je m’en suis sorti. J’ai cherché et j’ai trouvé. Ou parfois j’ai trouvé une piste, puis une autre, jusqu’à arriver quelque part d’utile. Le chemin n’était pas toujours direct, mais il menait quelque part. Et personne ne m’a viré. Personne ne m’a regardé différemment. La catastrophe que j’avais imaginée pendant des années ne s’est jamais produite.
Sur une analyse de cause qui n’avait abouti à rien de satisfaisant à mes yeux, je me souviens d’avoir été félicité. Ça m’avait marqué. Un collègue m’avait remercié à coups de : « Ah ça c’est de l’analyse de causes, enfin quelqu’un qui pose les bonnes questions. » Je n’avais pas obtenu les réponses, mais j’avais posé les bonnes questions.
C’est précisément ça qui a construit ma confiance. L’expérience répétée de me retrouver sans réponse et de m’en sortir quand même. De découvrir que ne pas savoir n’était pas la catastrophe que j’imaginais.
Aujourd’hui, je sais que je ne sais pas tout mais c’est très bien comme ça. Je me fais confiance pour trouver et faire avancer les choses. Ceci est vrai pour mes propres sujets comme pour les questions qu’on me pose.
La peur a disparu. Elle a été remplacée par une forme de sérénité. J’ai appris que beaucoup de réponses se trouvent en chemin. Cette sérénité, je te souhaite de la trouver aussi.
La meilleure démonstration possible
Il y a autre chose que j’ai réalisé avec le temps, d’encore bien plus important.
Quand tes collègues te voient ne pas savoir, puis chercher et trouver : c’est la meilleure démonstration possible de ce qu’est une démarche d’amélioration.
Tu pars d’un point de départ imparfait et tu l’acceptes. Tu analyses la situation, tu explores les options, tu vérifies ce qui tient la route. Tu aboutis à une réponse et tu avances.
C’est exactement ça, l’amélioration continue. Tu leur montres en live, incarnée par celui qui est censé la porter dans l’entreprise.
Te voir fonctionner ainsi donne la permission aux autres d’en faire autant. D’accepter leurs propres failles au lieu de les cacher. De les voir comme des points de départ plutôt que comme des hontes. D’oser parler de ce qui ne fonctionne pas bien.
C’est contagieux, dans le bon sens du terme. Une équipe où le qualiticien assume de ne pas tout savoir devient une équipe où tout le monde peut poser des questions sans crainte.
Le qualiticien qui cherche devant les autres montre ce que c’est vraiment, la qualité. C’est autrement plus pertinent que celui qui récite des réponses apprises par cœur.
La posture à cultiver
Alors concrètement, qu’est-ce que ça change au quotidien ?
Ça veut dire passer de “celui qui sait” à “celui qui aide à trouver”. Ta valeur n’est pas dans tes réponses. Elle est dans ta capacité à poser les bonnes questions et à mettre les choses en mouvement.
“Je ne sais pas, on regarde ensemble ?” Cette phrase crée de la collaboration là où il y avait de la dépendance. Les collègues viennent te voir non pas pour obtenir une réponse toute faite, mais pour avancer avec toi. Ça change complètement la dynamique. Tu passes de distributeur automatique de réponses à partenaire de réflexion. Et c’est beaucoup plus intéressant pour tout le monde.
Se donner le droit de dire “je reviens vers toi demain” n’est pas un aveu de faiblesse. C’est sain. Tu ne sais pas encore mais tu vas chercher, puis tu reviendras avec quelque chose. C’est exactement ce que tu attends des autres quand tu leur parles d’amélioration continue.
Une bouffée d’oxygène
Jette-toi à l’eau avant de tout savoir. Tu apprendras en chemin. C’est comme ça que ça marche vraiment dans ce métier.
La qualité n’est pas une destination où tout serait parfait. C’est un chemin qu’on parcourt en acceptant de ne pas tout maîtriser dès le départ.
En ne sachant pas tout, tu ne fais pas “avec” une limite qu’il faudrait tolérer. Tu incarnes pleinement ce qu’est la démarche qualité. Tu la vis au lieu de la prêcher.
Et ça, c’est une sacrée bouffée d’oxygène. Pour toi et pour tous ceux qui travaillent avec toi.
Allez, c’est tout pour aujourd’hui. 😊
Je te dis à bientôt,
Benoît
PS : Si tu connais quelqu’un qui apprécierait de me lire, fais-lui suivre ce mail :
Pour aller plus loin ensemble:
🏘️ Le Village QSE – La communauté des passionnés du métier : échanges, entraide, et inspiration entre pairs pour ne plus avancer seul.
🚀 Mission Qualité – Le programme pour grandir dans ton rôle, gagner en influence et retrouver du plaisir dans la fonction qualité / QSE.
😄 Les Memes QSE – Un peu d’humour dans le sérieux de nos métiers : 160 memes à adapter et partager à ta sauce.
→ Toutes mes ressources sont réunies sur mon site web.


Merci pour ce retour d’expérience benoit tellement juste où je m’y voyais vraiment et oui j’étais moi aussi affrontée à ce problème de croire que je devais tout savoir. Mais quelle inhibition de l’esprit « comme tu dis :ce distributeur automatique des réponses » qui nous déshumanise et nous fait perdre de sens ce métier.
Mais ce qui est TOP, il suffit d’une prise de conscience (PDC)et tout change, tout s’aligne et cet article peut déclencher cette PDC.
Merci Benoit de mettre le doigts sur un sujet presque tabou!!
Non, personne ne sait tout sur tout!!
Et souvent, plus on avance, plus on a l'impression de ne pas en savoir assez!!
Ce qui est important c'est de garder cette motivation à chercher et collaborer avec les autres pour avancer !!
Ce qui m'a fait partir de mon dernier poste de salarié (en 2012), c'est d'être entouré de personne conditionnée à contourner et ignorer la difficulté... C'était trop dur à porter, j'ai pris le large et j'ai bien fait !!
Après dire que j'ai atteint la sérénité de ne pas tout savoir, face notamment à de nombreuses personnes surdiplômées, je ne peux pas le dire ... Mais la modestie, l'honnête et la bienveillance face à mes interlocuteurs ainsi que l'envie de solutionner, déplacent de fausse montagne infranchissable, lol..