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Au sommaire:
Mon actualité
Vendre la qualité oralement avec ton pitch
Arrête de croire que la qualité se vend toute seule
Les 4 ingrédients d’un bon pitch qualité
Construis ton pitch (exercice pratique)
Bonus : 3 erreurs à éviter quand tu pitches la qualité
Ta mission de la semaine
Temps de lecture : 10 minutes
Mon actualité
Podcast “Qualité: au-delà du virtuel”
Voici le 2ème épisode du podacst que je réalise depuis le début de l’année pour Parcours croisés, de l’AFNOR. Mon invité: Anthony Deles, avec qui on parle d’intelligence artificielle.
Pour rappel chaque mois j’y invite et interviewe des pros de la qualité / QSE issus d’horizons divers. L’objectif? Qu’ils et elles nous parlent de leurs enjeux et de leurs problématiques, des réponses qu’ils y apportent. Et qu’ils révèlent chacun(e) à leur tour les multiples facettes qui composent notre beau métier.
Vendre la qualité oralement avec ton pitch
« Ah c’est toi la nouvelle responsable qualité ? Ça va, comment ça se passe ? Et tu fais quoi au juste ? »
Ça te parle ? Ces collègues qui savent qui t’es, mais par contre pas ce que tu fais ? Ou bien qui te rajoutent un petit : « Ah oui toi c’est l’ISO et les audits ? »
Le truc c’est qu’on sait tous les deux que tu fais du bon taf, que la qualité est utile, mais aussi que cela n’est pas toujours partagé et compris dans les entreprises. Ce n’est pas parce que les collègues ou la direction s’en fichent… mais parce qu’ils ne comprennent pas ce que tu fais. Qu’ils sont restés sur leur perception ancienne ou erronée de ce truc chelou, la qualité. Ou qu’ils ne voient pas en quoi ça les concerne.
Alors pour embarquer les autres, on doit envisager de vendre la qualité. Et vendre la qualité c’est aussi savoir la raconter. Dans un monde où tout va vite, où l’attention disponible dure 8 secondes, il te faut une arme de précision.
Un pitch.
Un quoi ça ??
Une prise de parole brève, claire, qui impacte. Capable de faire tilt chez ton interlocuteur. Et de l’embarquer illico.
Aujourd’hui, on va construire le tien. Tu verras, c’est plus simple qu’il n’y paraît. Pas besoin d’être extraverti ou expert en com. Juste d’avoir une idée claire de ce que tu veux transmettre (retiens déjà ça, c’est primoridal en com). Et un peu d’audace pour sortir du cadre habituel.
Tu es prêt(e) ? C’est parti.
Arrête de croire que la qualité se vend toute seule
Tu crois que parce que ton boulot est utile, les autres vont s’y intéresser ? Mauvaise nouvelle : ça ne marche pas comme ça. La qualité ne se vend pas toute seule, même quand elle est bien faite.
Pourquoi ?
Parce qu’elle est souvent invisible. Ou plutôt parce que toi tu vois des choses que les autres ne voient pas et aussi tu fais des choses qu’ils ne voient pas non plus. Et en plus tu aimerais qu’ils fassent des machins alors qu’ils ne voient pas pourquoi ! Donc oublie l’idée que tes collègues devraient avoir la même perception que toi : ils ne l’ont pas. C’est comme ça. Tu vois ce que je veux dire ?
Et parce qu’elle dérange aussi : elle remet en cause des habitudes, des certitudes, des zones de confort. Des « on a toujours fait comme ça », des « je connais mon métier »…
Et surtout, parce que dans beaucoup d’organisations, la qualité est perçue comme un "mal nécessaire". Un truc qu’on fait parce qu’il faut, pas parce qu’on y croit. Un ensemble de procédures, de formulaires, d’audits… mais rarement comme un levier de performance, d’innovation ou de mieux-être au travail.
Donc si tu veux que ta démarche vive, que ton système soit pris au sérieux, tu vas devoir apprendre à vendre la qualité. Je ne dis pas que tu dois devenir un bon commercial. Tu peux commencer bien plus simplement, juste en travaillant et en améliorant ta communication.
C’est ton job de donner envie, d’éveiller la curiosité, de montrer les bénéfices. Et pour ça, il faut un message clair. Direct. Compréhensible. Même pour quelqu’un qui déteste les réunions, les indicateurs, et les audits.
Un bon pitch, ce n’est pas un discours. C’est une capsule. Une étincelle. Un point de départ. C’est ce qui va faire que ton interlocuteur va te dire : "Ah ouais, pas con" au lieu de lever les yeux au ciel en pensant qu’est-ce qu’il me veut encore celui-là ?
Imagine que tu n’aies que 30 secondes pour expliquer pourquoi ton métier mérite qu’on s’y intéresse. Ce que tu vas dire à ce moment-là, c’est bien plus qu’une info. C’est ton empreinte.
Ton pitch, c’est l’entrée dans ton univers. S’il est flou, s’il est chiant, tu perds ton monde. S’il est bon, tu crées une ouverture. Et parfois, ça suffit à enclencher une dynamique complètement nouvelle.
Pour aller plus loin ensemble:
🏘️ Le Village QSE – La communauté des passionnés du métier : échanges, entraide, et inspiration entre pairs pour ne plus avancer seul.
🚀 Mission Qualité – Le programme pour grandir dans ton rôle, gagner en influence et retrouver du plaisir dans la fonction qualité / QSE.
😄 Les Memes QSE – Un peu d’humour dans le sérieux de nos métiers : 148 memes à adapter et partager à ta sauce.
→ Toutes mes ressources sont réunies sur mon site web.
Les 4 ingrédients d’un bon pitch qualité
Passons à la recette maison. En mode simple, mais efficace. À condition de l’adapter à ton style et à ton contexte.
1. Une accroche qui capte l'attention
L’erreur la plus fréquente ? Commencer par expliquer. Mauvais départ. Ce qu’il te faut, c’est interpeller. Provoquer une réaction. Une question qui pique, une anecdote vécue, une statistique choquante, une blague si c’est ton style… Peu importe le format, du moment que ça fait lever les yeux de ton interlocuteur.
"Tu sais combien d’erreurs de livraison on a évitées le mois dernier ? 19. Et personne n’est au courant."
L’accroche doit être visuelle, concrète, immédiate, palpable. Elle peut même sembler un peu provoc. C’est ce qui va briser la glace. Et créer de l’intérêt.
(C’est le même principe que les Memes QSE : ça attire l’attention, ça fait un truc qu’on appelle en anglais « pattern interrupt », une interruption du flux habituel de pensée ou d’action dans le but de capter l’attention).
2. Le problème qui parle à l’autre
Tu dois montrer que la qualité répond à son problème, pas au tien. Rends-lui la qualité personnelle, concrète. Pense à ce que la personne a à perdre… ou à gagner.
"Le moindre dérapage produit t’oblige à refaire tout le lot. Moi je suis là pour que ça n’arrive pas."
Fais le lien avec ses priorités, qui divergent selon son métier. Pour certains c’est du temps perdu, pour d’autres des coûts, ou bien des conflits relationnels.
La démarche qualité est là pour améliorer alors c’est ça que tu mets en avant, pas tes besoins à toi (ça viendra après, quand tu auras gagné l’attention et l’intérêt).
3. Ta mission, en une phrase
Pas de jargon. Pas de détails. Tu fais quoi ? Tu aides à quoi ? Tu protèges quoi ? Résume ton rôle en une phrase forte. Pense utilité, pas fonction.
"Je suis là pour que tout ce qu’on fabrique tienne la route, pour les clients comme pour les opérateurs."
C’est ton "job to be done". Ta raison d’être. Tu n’es pas là pour "gérer la qualité" (c’est incompréhensible ça). Tu es là pour éviter les erreurs, fluidifier, fiabiliser, sécuriser.
4. Le bénéfice pour lui
Parle en langage bénéfice. Moins de stress. Moins de mails. Moins de retouches. Moins de coûts de rebuts. Moins de réclamations. Plus de fluidité. Plus de temps. Des clients qui reviennent. Plus de marge. Ce qu’il gagne concrètement à s’intéresser à ton sujet.
"Moins de galères, plus de sérénité."
Si possible, illustre. Raconte une mini-victoire. Rappelle un moment où ton action ou celle de la qualité a vraiment changé la donne. Les gens croient ce qu’ils ressentent, ce à quoi ils peuvent se connecter, pas ce qu’on leur explique.
Construis ton pitch (exercice pratique)
On passe en mode exercice (c’est nouveau dans le Rendez-vous Qualité, t’en penses quoi ? Ça te plait ? Réponds-moi juste à ce mail et dis-moi si c’est cool ou pas).
Pour ce faire on va utiliser un modèle en 4 phrases. Remplis-le avec tes mots à toi. Tu peux l’adapter selon ton public (direction, production, RH…) et te faire plusieurs versions : ben oui les tout le monde ne réagira pas aux mêmes accroches, problèmes, bénéfices.
Accroche : "Tu sais ce qui m'a fait halluciner cette semaine ?"
Problème client : "Il y a encore des opérateurs qui n'ont pas des infos claires pour démarrer leur poste."
Mission : "Mon boulot, c’est d’éviter ce genre de cafouillage."
Bénéfice : "Quand tout roule, tout le monde gagne du temps."
Un autre exemple version direction :
"Tu veux vraiment que les audits nous servent à progresser, pas juste à garder le certificat ? Alors laisse-moi 15 minutes chaque semaine avec les chefs d’équipe. Je t’assure qu’on y gagnera tous."
Exercice : écris ton pitch. Récite-le à voix haute. Chronomètre. Ajuste les mots. Raccourcis. Simplifie. Ça devrait couler tout seul, sonner naturel.
Pour aller plus loin : filme-toi avec ton smartphone et regarde-toi ensuite. Tu te trouves convaincant(e) ?
Ensuite : teste. Ton pitch est vivant. Ce n’est pas un doc. C’est une énergie.
Prévois bien plusieurs versions :
Une version direction
Une version terrain
Une version RH
Une version 100 % détendue (à base d’autodérision) pour la machine à café
Et n’oublie pas : chaque pitch est une opportunité. Même si c’est juste 30 secondes au détour d’un couloir.
Bonus: 3 erreurs à éviter quand tu pitches la qualité
Trop technique
Si tu parles de norme, d’exigences, de processus sans lien avec du concret, tu perds ton auditoire. Garde les détails pour plus tard.
Tout détailler dès le départ
Le but du pitch, c’est de donner envie d’en savoir plus, pas de tout expliquer. Suggère. Accroche. Ne déballe pas toute la boutique, tu risques de faire peur.
Croire que tout le monde doit adhérer tout de suite
Certains vont résister. C’est normal. Accepte-le. (Ils résistent déjà non ?). Laisse ton message faire son chemin. Essaie d’autres angles. La répétition crée la reconnaissance.
Et une quatrième pour la route : imiter un style qui n’est pas le tien. Si tu es posé, sois posé. Si tu es punchy, sois punchy. Mais sois toi. Toujours. Sinon adieu la crédibilité.
Ta mission de la semaine
Tu veux vraiment vendre la qualité ? Alors commence petit. Choisis un moment informel. Machine à café. Couloir. Pause clope. Et balance ton pitch.
Observe la réaction. Si ça râle, si ça se marre, si ça en demande plus ? C’est que tu tiens quelque chose.
Alors ne lâche pas et creuse. Ton pitch, comme ton SMQ, doit vivre, évoluer, s’ajuster. Tu n’auras peut-être pas de résultat immédiat. Mais garde-le toujours sous le coude, prêt à dégainer.
Et puis un jour, quelqu’un te dira : "Tu sais, ton truc de la dernière fois, ça m’a fait réfléchir."
Et ce jour-là, tu auras gagné.
Un pitch, ça s’ajuste. Comme un bon plan d’amélioration.
Bonne chance, et bon pitch !
On en reste là pour aujourd’hui et je te dis à bientôt.
Benoît
PS: si tu veux tu me dis ce que ça donne et je t’aide à améliorer ton pitch qualité.
PPS : si tu connais quelqu’un qui apprécierait de me lire, fais-lui suivre ce mail :
Pour aller plus loin ensemble:
🏘️ Le Village QSE – La communauté des passionnés du métier : échanges, entraide, et inspiration entre pairs pour ne plus avancer seul.
🚀 Mission Qualité – Le programme pour grandir dans ton rôle, gagner en influence et retrouver du plaisir dans la fonction qualité / QSE.
😄 Les Memes QSE – Un peu d’humour dans le sérieux de nos métiers : 148 memes à adapter et partager à ta sauce.
→ Toutes mes ressources sont réunies sur mon site web.


Je suis plutôt ok pour le modèle que tu proposes. Bonne idée ce pitch.
J’ai connu le pitch quand je préparait mes candidatures où il fallait bien apprendre à me vendre pour un poste et ça fonctionne vraiment.
Je suis convaincue que ça fonctionnera pour attirer l’attention des collègues pour qu’ils acceptent à recruter la qualité dans leurs pratiques de tous les jours.
Pour la petite histoire, un jour j’ai croisé une stagiaire infirmière, je me présente avec mon métier et là elle me dit c’est quoi au juste ce métier, tu fais quoi au juste? Ma tête a fait un tour de 360°, je ne voulais pas la traumatiser avec toute la To do liste et j’ai pris l’exemple de déclaration des événements indésirables et l’intérêt derrière avec mon rôle et après on s’est fixée un rdv pour en parler plus.
Je ne me suis pas préparée et si j’avais fait mon pitch en plus pour chaque fonction, je pense que j’aurais gagné du temps et de l’engagement.
Benoit, ton message tombe juste : vendre la Qualité, ce n’est pas réciter des normes, c’est incarner une vision.
Et je réalise à quel point j’ai longtemps cru que la Qualité allait “se vendre toute seule”, simplement parce qu’elle est utile, logique, nécessaire.
Erreur classique… et tellement humaine.
Ce que tu rappelles avec force, c’est que la Qualité est invisible tant qu’on ne la raconte pas.
Invisible parce qu’elle prévient plus qu’elle ne répare.
Invisible parce qu’elle fluidifie plus qu’elle ne brille.
Invisible parce qu’elle dérange parfois, en bousculant les habitudes et les certitudes.
Alors oui : il faut la vendre.
Pas comme un produit, mais comme une évidence.
Pas avec des procédures, mais avec du sens.
Pas avec des discours longs, mais avec un pitch clair, vivant, incarné.
Et surtout : la vivre, non comme une contrainte, mais comme une posture.
J’ai particulièrement aimé ton approche :
👉 une accroche qui secoue,
👉 un problème qui parle à l’autre,
👉 une mission simple et utile,
👉 un bénéfice concret, palpable.
C’est exactement ce qui manque dans nos entreprises et c’est exactement ce que nous devons apprendre à faire, nous les acteurs Qualité :
porter une Qualité qui parle business, qui parle humain, qui parle impact.
Et je me reconnais dans ce que tu décris.
J’ai longtemps parlé de conformité au lieu de vendre la Qualité.
Aujourd’hui, je comprends que l’adhésion ne tombe pas du ciel : elle se construit, se provoque, se cultive.
Ton message me pousse à affirmer ma voix, à clarifier mon pitch, à assumer ma posture.
Pas pour imposer.
Pas pour forcer.
Mais pour éclairer, orienter et rendre visible ce que la Qualité apporte réellement au pilotage.
Merci pour cette claque douce mais nécessaire.
Une piqûre de rappel qui recentre, qui redresse, qui donne du courage.
« La posture n’est pas un costume : c’est une décision intérieure qui change tout. »
Et cette décision, je la prends.