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Au sommaire:
Apprendre à être fier sans s’excuser s’excuser
Responsable qualité : la modestie imposée
Ce que te coûte cette modestie
Fierté et arrogance : deux choses différentes
Mon déclic sur la reconnaissance au travail
Redonner sa fierté au métier qualité
Un exercice pour ton prochain succès
Temps de lecture : 08 minutes
Apprendre à être fier sans s'excuser s’excuser
Tu sais présenter un bilan chiffré devant ta direction. Tu maîtrises l’art de la preuve et de la justification.
Mais dire simplement “j’ai fait progresser les choses” ? Sans données à l’appui, sans chercher à relativiser ?
C’est une autre histoire.
Responsable qualité : la modestie imposée
Dans nos métiers, on apprend très tôt à prouver ce qu’on avance. Chaque affirmation doit être documentée et chaque résultat doit être mesurable. C’est un des sept principes du management de la qualité. Cette rigueur fait partie de notre ADN professionnel. Elle nous rend crédibles et nous permet de défendre nos positions face à des interlocuteurs qui attendent des faits.
Le problème, c’est qu’elle déborde sur la façon dont on parle de nous-mêmes.
Tu as mené un projet difficile jusqu’au bout ? “Oui mais l’équipe a bien suivi.” Tu as obtenu la certification du premier coup ? “Le timing était favorable.”
Ce réflexe de minimisation est devenu automatique. Tu ne le fais même plus consciemment. Les mots sortent tout seuls : “c’était pas grand-chose”, “j’ai eu de la chance”. À force de répéter ces phrases, tu finis par y croire. Elles s’installent comme une vérité. Et cette vérité te diminue.
J’observe ce phénomène régulièrement dans la communauté. Quelqu’un partage une réussite et la première chose qu’il fait, c’est la relativiser. Comme s’il fallait s’excuser d’avoir bien travaillé. Comme si annoncer une victoire sans la nuancer était déplacé.
On a intégré l’idée que la modestie était une vertu professionnelle. Et elle l’est, dans une certaine mesure. Sauf qu’on a poussé le curseur tellement loin qu’on ne sait plus faire la différence entre l’humilité et l’effacement. Entre reconnaître qu’on n’a pas tout fait seul et nier sa propre contribution.
Ce que te coûte cette modestie
Cette modestie a un coût. Plus élevé qu’on ne le pense.
D’abord, elle façonne la perception des autres. Les gens te voient comme tu te présentes. Si tu minimises systématiquement ton travail, ils finiront par le minimiser aussi. Ton entourage professionnel prend ce que tu lui donnes. Tu leur tends une version diminuée de ta contribution, ils la prennent pour argent comptant. Ils n’ont aucune raison de te croire plus compétent que tu ne le dis toi-même. D’autant qu’ils ne savent ou ne comprennent pas forcément ce que tu fais. Et quand viendra le moment de défendre un budget ou une évolution, tu partiras avec un handicap que tu t’es toi-même infligé.
Ensuite, elle t’empêche de défendre ce qui compte pour toi. Un budget pour un projet important. Du temps pour une initiative qui te tient à cœur. Comment convaincre les autres de la valeur de ton travail si toi-même tu la remets en question ? Comment obtenir des moyens pour avancer si tu présentes systématiquement tes résultats comme “pas si importants que ça” ?
Je discute en ce moment avec une lectrice qui prépare son entretien annuel. Elle appréhende la partie salaire. L’idée de demander une augmentation la met mal à l’aise. Elle ne sait pas comment aborder le sujet, comment en parler sans avoir l’impression de quémander. Mais comment défendre ta valeur face à ton N+1 si tu n’en as pas conscience toi-même ? Comment argumenter pour une revalorisation si, dans ta tête, tu minimises déjà ce que tu as apporté cette année ?
Et puis il y a l’usure. Donner beaucoup et se reconnaître peu, ça fatigue. Cette asymétrie entre l’effort fourni et la façon dont tu en parles crée une tension sourde. Elle nourrit le sentiment que ton travail n’a pas vraiment d’importance. À la longue, ça pèse. Ça contribue à cette fatigue diffuse que beaucoup d’entre nous ressentent sans toujours savoir d’où elle vient. On cherche des causes externes, alors qu’une partie du problème est dans le regard qu’on porte sur notre propre travail.
Pour aller plus loin ensemble :
🏘️ Le Village QSE – La communauté des passionnés du métier : échanges, entraide, et inspiration entre pairs pour sortir de l’isolement.
🚀 Mission Qualité – La formation pour grandir dans ton rôle, gagner en influence et retrouver du plaisir dans la fonction qualité / QSE.
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→ Toutes mes ressources sont réunies sur mon site web.
Fierté et arrogance : deux choses différentes
Je sais ce qui te retient. La peur de passer pour quelqu’un de prétentieux. De te mettre en avant de façon déplacée.
Cette peur repose sur une confusion.
La fierté reconnaît le chemin parcouru. Elle constate un fait : j’ai travaillé et j’ai fait avancer les choses. L’arrogance, elle, méprise le chemin des autres.
Tu peux être fier de ce que tu as accompli tout en restant humble sur ce qu’il te reste à apprendre. Ces deux postures cohabitent très bien. Reconnaître ta contribution ne t’oblige pas à écraser celle des autres. Ça n’enlève rien à personne. Ça ajoute quelque chose à toi.
Je te répète souvent que le SMQ fonctionne quand chacun joue son rôle. Ça peut sembler contradictoire avec ce que je te dis aujourd’hui. Mais justement : si chacun a un rôle, le tien existe. Et il mérite d’être reconnu, à commencer par toi-même. La dimension collective du système n’efface pas ta contribution individuelle. Elle la rend possible.
Le vrai problème dans nos métiers ? À force de vouloir éviter l’arrogance, on bascule dans l’effacement. Se taire quand on pourrait parler, minimiser quand on pourrait simplement constater.
Mon déclic sur la reconnaissance au travail
Pendant longtemps, j’ai fonctionné comme ça. Minimiser par réflexe. Attribuer mes réussites au contexte favorable ou à l’implication des autres. Je pensais que c’était la bonne posture. Celle qu’on attend d’un professionnel sérieux. Celle qui ne fait pas de vagues.
Un jour, mon directeur m’a posé une question simple après un audit que j’avais supervisé : “Tu es content de toi ?”
J’ai commencé à répondre “oui mais...” et cette personne m’a coupé : “Je t’ai demandé si tu étais content. Pas ce qui aurait pu être mieux.”
J’étais resté sans voix. La question était pourtant simple. Binaire même. Oui ou non. Intérieurement j’étais très content de moi, mais l’assumer, le dire sans réserve, ça pour mon cerveau c’était compliqué.
Ça m’a marqué.
J’ai réalisé que je n’arrivais pas à accueillir une réussite sans immédiatement la nuancer. Comme si le fait d’être satisfait de mon travail était suspect. Comme si la satisfaction appelait forcément une contrepartie de critique.
Depuis, j’essaie de me corriger. Quand je termine quelque chose qui m’a demandé de l’énergie et que le résultat est là, je m’autorise à le constater. Sans ajouter de “mais”. Sans chercher ce qui aurait pu être mieux fait. Juste prendre une seconde pour reconnaître le travail accompli.
Ce n’est pas naturel. Ça demande un effort conscient. Mais ça change quelque chose. Une forme de réconciliation avec soi-même. Le droit de regarder ce qu’on a fait et de se dire : c’est bien, good job. Sans conditions et sans réserves.
Redonner sa fierté au métier qualité
Nos métiers méritent d’être portés avec fierté.
Ce que tu fais au quotidien a de la valeur. Maintenir un système qui fonctionne demande des compétences réelles. Accompagner des équipes dans l’amélioration aussi. Ça nécessite de la patience et de la diplomatie. Une capacité à voir ce qui ne va pas tout en gardant le cap sur ce qui pourrait aller mieux. Sans compter les compétences techniques. Ce n’est pas donné à tout le monde.
Être fier de ce travail, c’est aussi le rendre visible. Quand tu assumes la valeur de ta contribution, tu affirmes que ce qu’on fait mérite d’être nommé. Que ça compte. Que derrière les tableaux de bord et les procédures, derrière les indicateurs dans le vert, il y a quelqu’un qui a réfléchi et fait les bons choix.
Et puis il y a un effet que tu ne soupçonnes probablement pas. Quand tu valorises ton travail, tu donnes envie aux autres de s’y impliquer. On a dit que le SMQ c’est une œuvre collective. Ben personne n’a envie de consacrer du temps et de l’énergie à quelque chose qui semble insignifiant. Alors si toi-même tu renvoies une image de la qualité comme secondaire, pourquoi tes collègues feraient-ils l’effort d’y contribuer ?
Un exercice pour ton prochain succès
La prochaine fois que tu réussis quelque chose, observe ta réaction. Je ne parle pas de celle que tu montres aux autres, mais de celle qui se passe dans ta tête, dans les premières secondes.
Est-ce que tu minimises ? Est-ce que tu cherches immédiatement ce qui aurait pu être mieux ?
Si c’est le cas, tu n’es pas seul. Mais essaie autre chose. Dis “j’ai fait du bon travail” et arrête-toi là. Sans justification derrière. Pas de “oui mais” qui vient atténuer.
Observe ce qui se passe en toi. La gêne peut-être, au début. L’impression de faire quelque chose d’interdit. Et puis, si tu laisses passer quelques secondes, autre chose. Une forme d’apaisement. Le droit d’exister dans ce que tu as accompli.
Tu verras que le monde continue de tourner. Et que ça fait du bien de se l’autoriser, ne serait-ce qu’une fois.
Allez, c’est tout pour aujourd’hui. 😊
Je te dis à bientôt,
Benoît
PS : dis-moi en réponse : c’est quoi la dernière chose dont tu as été fier sans oser le dire ?
PPS : j’ai bien aimé l’expérience d’ouvrir mon agenda et de proposer des créneaux de discussion, alors je renouvèle: 👉 clique ici si tu veux discuter 30 minutes avec moi.
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Pour aller plus loin ensemble:
🏘️ Le Village QSE – La communauté des passionnés du métier : échanges, entraide, et inspiration entre pairs pour ne plus avancer seul.
🚀 Mission Qualité – Le programme pour grandir dans ton rôle, gagner en influence et retrouver du plaisir dans la fonction qualité / QSE.
😄 Les Memes QSE – Un peu d’humour dans le sérieux de nos métiers : 148 memes à adapter et partager à ta sauce.
→ Toutes mes ressources sont réunies sur mon site web.


J’envoie cet article à une amie avec qui on a parlé de la valorisation salariale d’un RQ il y a 2 jours, j’espère qu’elle te contactera !
Sinon hier, je creusais dans ma mémoire mes postures, mes croyances limitantes, comportements…pour l’exercice mission qualité et la conclusion c’est qu’on sais mettre en valeur les autres chiffres et lettres sauf les nôtres et c’est drôle car il suffit juste d’un déclic pour qu’on puisse prendre conscience de notre valeur car on en a de la valeur !
🙏🏼 Benoît pour cet article.
Benoît, ton article m’a profondément touchée.
Il met des mots justes sur ce sur quoi je travaille chaque jour : assumer ma fierté sans m’en excuser, reconnaître ma valeur sans me cacher.
Dans la qualité, le vrai défi est là : à force de vouloir éviter l’arrogance, on finit parfois par glisser dans l’effacement. C’est pour cela que je refuse désormais de me taire quand je peux parler, expliquer ou valoriser mon travail, même si cela ne plaît pas toujours.
Un jour, un collègue m’a même confié qu’un responsable cherchait « une formule pour que je doute de ce que je fais ».
Ton article me rappelle justement que je peux être fière de ce que j’accomplis, tout en restant humble, sans jamais retomber dans l’effacement.
Ta manière d’aborder ce sujet est douce, lucide et profondément libératrice.
Merci pour cette parole qui résonne, qui éclaire et qui donne du courage.
Une vraie capsule qui accompagne de l’intérieur.